La vierge et le dragon. Troisième partie : le Trésor.

 

 

« La peur n’est qu’une étape. »

 

« La peur n’est qu’une étape. »

 

« La peur n’est qu’une étape. »

 

Voilà deux ans – depuis le début de la publication de la trilogie « La vierge et le dragon » – que sa finale sommeillait dans les tréfonds de mon demi-sommeil. L’angle d’attaque pour l’écriture de cette troisième partie est venue par cette phrase inspirée par Lilith, que je mentionnais déjà abondamment dans la deuxième partie de cette étude : « La peur n’est qu’une étape » (1).

 

Nous passons nos vies à éviter la peur. Nous construisons nos vies sur son occultation. Nous dormons entre quatre murs pour éviter de passer la nuit dans la nature. Nous nageons en pleine co-dépendance les uns des autres pour éviter d’affronter l’autonomie, l’indépendance, la liberté, mais surtout… la solitude. Nous cherchons la pitance sous forme d’un chèque mensuel dont la régularité endort notre peur du lendemain. Nous nous enfermons dans toutes sortes de prisons censées nous protéger des menaces qui nous habitent, mais que nous projetons sur le monde extérieur.

 

Un jour, le preux chevalier qui nous habite prend son courage à deux mains pour sauver l’innocente vierge, sacrifiée pour amadouer la rage destructrice du dragon. La quête de ce sauveur magique à l’armure étincelante a pour but de libérer la victime enchaînée à un rocher, sur le point de se faire avaler par l’affreux monstre. Le dragon n’est alors que le prédateur de l’enfer, le bourreau dont la défaite est l’excuse, l’alibi qui réunit la victime et son sauveur dans les bras l’un de l’autre par le miracle de la délivrance.

 

Mais… imaginez un instant que ce soit le contraire. Que la vierge effarouchée ne soit que le prétexte à l’improbable rencontre entre le chevalier et le dragon. Que le chevalier est destiné à affronter le dragon, son alter ego de l’ombre, quel qu’en soit le prétexte. Quel pourrait bien être l’enjeu d’une telle rencontre ?

 

De tous temps, le dragon a été le gardien du trésor. Le gardien d’un trésor particulier, un butin dont on ne connaît pas trop l’origine. Un amoncellement de richesses dont il a la garde depuis la nuit des temps. Personne n’accède à ce trésor sans affronter le dragon, sans affronter sa propre peur du dragon.

 

Pour trouver le trésor, il faut commencer par regarder sa propre peur dans les yeux. Cesser de la fuir. Certaines personnes attendent de se retrouver au pied du mur, quand leurs plus grandes peurs ont commencé à se matérialiser dans leurs vies et dans leurs corps. Les moins courageux, acculés dans leurs derniers retranchements, plongent la tête dans le sable comme des autruches pour ne pas voir la menace qui fond sur eux, et ne réussissent qu’à se faire enculer. D’autres personnes, plus courageuses, partent en chasse et choisissent de se confronter à leurs peurs de façon consciente et délibérée. Elles entrent volontairement dans un processus initiatique, qui peut prendre de nombreuses formes : changer de vie, s’engager dans un parcours chamanique, faire ce dont ils ont le plus peur, guérir leurs souffrances fondamentales, étudier leur passé karmique, etc.

Chacun a sa propre peur à identifier, à accepter et à affronter. Chacun est habité par son propre dragon effrayant. Et chacun a son propre trésor à découvrir, celui de sa propre puissance héritée de temps anciens où il a fallu la cacher de la convoitise ou de la réprobation de ses contemporains de l’époque.

 

Le moment est venu, aujourd’hui, de déterrer votre trésor. La peur n’aura été qu’une étape. Et la trouvaille du trésor sera une étape supplémentaire. Car ce trésor, ce butin de vos guerres ancestrales, il vous servira à quelque chose. Il servira à trouver votre épanouissement, et à manifester votre puissance authentique.

 

Quel épanouissement, dites-vous ? Vous le saurez quand vous aurez trouvé votre trésor. Celui que vous craignez tellement de découvrir.

 

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(1) Slogan publicitaire du (pas très bon) film « Lilith » (The thirsting) de Mark Anthony Vadik.