Les manifestations du désir

 

(A propos d'unification, de séparation, de sexualité, et d'épanouissement de l'être)

 

 

J’œuvre à l’unification. Œuvrer à l’unification, c’est renouer avec le sens du lien entre tout et tout, c’est apprendre à vivre en fonction de ce qui est.

 

A l’encontre de l’unification, il y a la séparativité : la tendance à séparer une chose de l’autre, à nier le lien.

 

La séparation faisant partie du tout, elle est acceptable dans une optique d’unification. Mais les personnes qui s’en tiennent, qui se limitent à la séparativité n’ont pas accès à ce dont ils se séparent, et donc pas à l’unification.

 

La sexualité se trouve parmi les cibles principales de la séparativité. Qu’elle mette mal à l’aise ou qu’elle épanouisse, la sexualité est fréquemment « mise à part » des autres sujets de la vie.

 

Nous ignorons trop souvent les parallèles, les liens entre notre vécu sexuel et les vécus dans tous les autres domaines de notre vie.

 

Or, s’autoriser « sa » sexualité mène à s’autoriser « sa » vie.

 

Je me suis fait une spécialité de la sexualité en tant qu’outil d’évolution personnelle et collective.

 

L’épanouissement de notre potentiel personnel dans la sexualité demande, hormis le fait d’être reconnu comme tel, de transcender un certain nombre de tabous.

 

Ces tabous ne sont pas uniquement inscrits dans notre environnement, dans notre famille, dans notre société, ils sont également inscrits au cœur de nous-même.

 

Pour ceux qui savent décoder, ces potentiels et ces tabous sont inscrits dans notre carte du ciel de naissance.

 

Les tabous, les interdits, les résistances, font intrinsèquement partie de notre désir. Ils sont comme les cosses qui protègent le fruit aussi longtemps qu’il n’est pas mature, comme la coquille qui protège le poussin pendant sa première croissance, comme le ventre de la mère qui protège son enfant pendant la grossesse. Les tabous représentent la matrice qui protège et enferme un désir encore trop insécurisé pour se montrer au grand jour.

 

Pour faire naître notre désir, pour l’exprimer et le manifester, pour l’incarner et lui donner forme, il nous faut reconnaître et lâcher ces tabous qui l’ont protégé et/ou enfermé jusque-là. Eviter ce passage équivaut à étouffer ce désir, à le tuer. Aucun fruit, aucun poussin, aucun bébé, aucun désir ne peut survivre si la cosse, la coquille, le ventre, la matrice reste fermée au moment naturel de la naissance.

 

Ceci est valable dans tous les domaines de notre vie. Je vous partage ici un exemple de ce processus à partir de la sexualité, et à partir de mon propre vécu, que beaucoup d’entre vous ont suivi depuis des années. Je vous demande de conscientiser que les sujets abordés ci-dessous me sont propres. Ils sont subjectifs, et liés au développement d’un seul individu. Je ne professe pas un quelconque dogme qui généraliserait à tous la vérité d’un seul individu, d’une seule communauté, d’un seul paradigme. Par contre, je vous invite à envisager que le processus décrit ici peut être valable pour tous. Je vous invite à réfléchir à vos propres désirs, et à vos propres tabous qui lui sont liés.

 

Arrivé à un certain stade de mon évolution (à un stade certain de mon évolution, héhé), j’ai identifié deux désirs profonds, jusque-là inconscients et totalement insatisfaits dans le cadre de ma sexualité : le trio et les relations multiples. Ces désirs authentiques étaient ensevelis sous une montagne de dénigrements, de peurs et de tabous familiaux, religieux et de société. Ces résistances, j’ai fini par les identifier en moi, à l’intérieur de ma propre carte du ciel. Aussi longtemps que je ne transcendais pas mes propres interdits, je restais évidemment vulnérable aux dénigrements extérieurs.

 

C’est avec le plus grand bonheur que j’ai poursuivi la quête de mon désir. Les vécus en trio et les relations multiples m’ont apporté une satisfaction exceptionnelle, frôlant par moments l’état de grâce.

 

Puis, mon désir de trio et de relations multiples a essaimé dans ma vie. Il a pris de nouvelles formes bien au-delà de ma sexualité.

 

Pour commencer, j’ai fondé une famille merveilleuse, le plus beau trio de ma vie. La dévalorisation systématique du « troisième élément » (sous forme d’amant ou de maîtresse) rencontrée tout au long de ma vie m’avait enfermé dans la dualité du couple fermé à ce troisième élément, à tous les niveaux de l’être. C’est à 56 ans, seulement après avoir (ré)instauré et honoré le « trois » au sein même de l’intimité de ma chair et de mon âme, que j’ai enfin pu accueillir cet enfant au sein d’un trio également formé par un père et une mère particulièrement responsables en termes d’épanouissement personnel.

 

Sur un autre plan, professionnel celui-là, je développe un ensemble de collaborations avec d’autres spécialistes en leurs domaines. C’est une dynamique très active de relations multiples, dans laquelle chacun des collaborateurs apporte tout son enthousiasme pour les relations et les projets générés, et bénéficie de l’engagement des autres, et dans laquelle ensemble nous offrons le cumul de nos compétences au monde. C’est également à 56 ans, seulement après avoir (ré)instauré et honoré les relations multiples au sein même de l’intimité de ma chair et de mon âme, que j’ai pu initier un mouvement créatif de collaboration entre des personnes dont la complétude nous enrichit tous.

 

Je ne rencontre aucune opposition à l’existence de ma famille, ce beau trio dont je ne peux que constater la popularité spontanée. Je ne rencontre aucune opposition à mes collaborations multiples, qui bénéficient au contraire d’un courant de sympathie qui me réjouit au plus haut point.

 

Les oppositions, les tabous ne s’étaient exprimés à l’encontre de ces dynamiques qu’envers leurs manifestations dans le domaine de la vie intime et sexuelle.

 

J’ai pris le risque d’accueillir mes désirs et mon apport au monde au plus intime de moi-même, contre vents et marées. Cela m’a amené à les manifester « extérieurement », dans une certaine générosité qui me caractérise.

 

Voilà mon histoire. Elle n’est pas la vôtre. Vous avez vos propres désirs et vos propres tabous. Vous ne pouvez pas vivre les miens à ma place, comme je ne peux pas vivre les vôtres à votre place. Par contre, je suis assez bien placé pour vous accompagner dans votre processus, si ma démarche vous interpelle.

 

20.2.12