Homme et femme : continu / discontinu

 

 

La femme vit dans le continu de la relation, alors que l’homme la vit de façon discontinue.

 

L’homme est un être de structure. Il compartimente les divers domaines de sa vie, ainsi que son emploi du temps. Quand il quitte son foyer pour aller travailler, son esprit se concentre sur son travail. S’il met dans son bureau une photo de sa bien-aimée, c’est pour en avoir un rappel dans ce lieu où il s’occupe d’autre chose. S’il ferme la porte sur un vécu pour entrer dans un autre, il n’est en rien coupé de la relation. Dans sa structure, il ne fait pas tout à la fois. Il est méthodique, et fonctionne de façon systématique.

 

La femme est un être de cycles. Les hauts et les bas sont pour elle naturels dans une relation, comme partout ailleurs dans la vie. Elle reste en contact avec la relation au travers des différentes étapes que celle-ci traverse, ou plutôt grâce à ces étapes.

 

La femme est bien consciente, autant physiquement que psychiquement, de son cycle lié à la fertilité et à la menstruation. Chaque jour du mois est une autre étape dans ce cycle toujours renouvelé. Pour l’homme branché sur la sexualité, ce cycle est généralement divisé en deux blocs : les quelques jours où la femme « a ses règles », et le reste du mois. Pour l’homme attentif au sujet de la procréation, le cycle sera plutôt subdivisé entre les jours de fertilité et les autres. Mais dans les deux cas, il sera moins sensible au déroulement du processus qu’au calcul mathématique en nombre de jours.

 

L’ignorance de cette différence entre cycle et structure, entre continu et discontinu, peut être source de nombreux malentendus entre les femmes et les hommes. Mais leur connaissance peut soutenir la tolérance, autant que le rapprochement entre les sexes.

 

Deux exemples.

 

Julien travaille dans une entreprise en relations publiques, où les délais de réaction à l’actualité sont très courts et mettent le personnel dans un état de qui-vive permanent. Julien vient de démarrer une belle relation d’amour avec Daphné. Il lui dit qu’il n’y a aucun problème pour qu’elle l’appelle au travail si nécessaire, suite à quoi elle l’appelle une dizaine de fois par jour pour lui partager son vécu quotidien. Il en devient complètement fou, le stress des appels s’ajoutant aux impératifs de son travail. Quand finalement explose son ras-le-bol, elle n’y comprend rien. C’est pourtant lui-même qui l’avait invitée à l’appeler ?!

 

Millie et Rachid se trouvent en « relation libre » : ils vivent en couple, mais les relations avec des amants extérieurs ne leur posent pas de problèmes. Ils ne sont pas possessifs, et ne connaissent pas ou peu la jalousie. Le fait que l’un s’absente pour voir une autre personne est relativement intégré dans leur relation. Seulement, ça coince au niveau de la communication. Comment ? Dès qu’elle en trouve l’occasion, Millie envoit un sms enflammé à Rachid pour lui rappeler sa présence, pour prendre soin de sa relation avec lui. Par contre, Rachid coupe son gsm dès qu’il est avec sa maîtresse, et ne le rallume que quand il la quitte. Quand Millie lui reproche ce zapping intolérable, il lui répond qu’il passe beaucoup plus de temps avec elle, Millie, et qu’elle n’a vraiment aucune raison de se plaindre.

 

A vous, chère lectrice, cher lecteur, de réfléchir à la façon dont ces éléments s’imbriquent dans vos propres relations.

 

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Ce texte est publié dans le cadre d'une série consacrée aux différences entre l’homme et la femme, ainsi qu’entre le masculin et le féminin que chacun porte en soi. Ceci à tous les niveaux. Le but est de lever les malentendus et de contribuer à une rencontre plus fluide entre le féminin et le masculin. Leur contenu est, vu l'optique de l'éditorial, schématique, voir manichéen. Le lecteur est invité à nuancer leur propos en fonction de la variété des cas de figure qui se présenteront à lui.