Relations d'égal à égal

 

Il est fréquent qu’une relation (existante ou souhaitée) soit perçue comme inégale pour une variété de raisons :

 

 Il se peut qu’il y ait une prise de pouvoir d’un(e) partenaire sur l’autre qui, alors, se soumet ou se sacrifie. Nous avons là une relation de domination-soumission de type névrotique. Une des deux personnes se victimise et/ou est trop faible pour résister à la manipulation de son/sa partenaire. Cette situation peut être volontaire autant qu’involontaire.

 

 Il se peut qu’il y ait un rapport hiérarchique entre les deux personnes. Les relations professeur-élève, patron-employé, policier-délinquant, guide spirituel-disciple et thérapeute-client sont quelques exemples de cette situation. Quand les rapports entre ces personnes évoluent, ce qui fait partie de la nature humaine, un des (ou les deux) protagonistes cherche à donner une nouvelle forme à la relation.

 

 Il se peut qu’un des partenaires soit, de par sa personnalité et/ou son chemin d’évolution, plus sûr de ses attitudes et de sa valeur que son/sa partenaire. Ce dernier peut, à la longue, se sentir dévalorisé et se mettre à désirer une relation d’égal à égal pour gommer ce malaise.

 

Ceci sont quelques exemples de base. Il en existe d’autres, tout comme les frontières entre ces catégories ne sont pas aussi schématiques qu’elles sont décrites ici.

 

Revenons à notre point de départ : la relation est perçue comme inégale, et il y a par conséquence une demande de relation d'égal à égal. Avant d’opérer le changement souhaité, il y a intérêt à vérifier la nature profonde de cette demande.

 

Distinguons deux grandes options qui, une fois identifiées, mèneront à une conscience accrue et à une plus grande liberté de choix pour les partenaires.

 

Dans le premier cas, « égal à égal » signifie « fonctionner de la même façon l’un que l’autre ». On se demande de s’adapter l’un à l’autre. La conséquence pour la relation est un nivellement par le bas. On arrondit les angles et on efface les différences trop inacceptables entre les partenaires, pour atteindre le point où ceux-ci se rencontrent dans un compromis relationnel dont toute substance fondamentale a été gommée.

 

Dans le second cas, « égal à égal » signifie « reconnaître et exprimer pleinement la valeur de chacun ». Reconnaître la valeur de l’autre demande d’honorer et de soutenir sa différence. Distinguons, une nouvelle fois, deux cas de figure à partir desquels toutes les nuances sont autorisées. Soit le partenaire dominant écrase l’autre. Dans ce cas, il devra faire un effort pour reconnaître les spécificités de cette autre personne. Soit le partenaire s’écrase lui-même et ne se reconnaît pas à sa juste valeur, laissant toute la place à l’autre. Il devra alors faire un effort pour se reconnaître et s’exprimer pleinement à partir sa propre valeur, sans demander à l’autre personne de se dévaloriser pour le mettre à l’aise. Abraham Lincoln disait fort à propos que « vous ne pouvez affaiblir le fort pour renforcer le faible ».