Suédois


 

-          J’écoute l’esprit du suédois.

 

-          Je suis la langue de la polyvalence. Non pas la langue de l’adaptation. Je ne m’adapte pas ou fort peu. La langue de la polyvalence.

 

Le suédois est né de son rapport à son environnement. La personne qui parle le suédois est en mesure de vivre en plein été autant qu’en hiver rigoureux. Elle est capable de rouler en voiture, à conduire un bateau et à voler dans les airs – conduisant un avion, bien sûr. L’espace-temps peut changer radicalement dans les régions suédoises sans que son habitant ne doive beaucoup se déplacer pour vivre ces changements. On se trouve sur une île en pensant marcher sur le continent. On navigue sur l’océan, pensant qu’on avance sur une rivière ou un canal. A peine l‘été torride terminé, et voilà qu’on se retrouve cloîtré à la maison, la neige aussi haute que le rez-de-chaussée.

 

L’import-export, l’ouverture au monde, se fait une fois par la guerre, une fois par la musique, une fois par le prix Nobel, et ainsi de suite. Le suédois retourne sa veste, ou plutôt change de veste comme il respire. Ce n’est pas de l’adaptation, ni de l’opportunisme. C’est sa nature, c’est sa façon de suivre les aléas de la nature, de suivre l’air du temps. Il ne pourrait pas vivre autrement. Vivre autrement, ce serait mourir. Et sa polyvalence n’est pas survie, comme le serait l’adaptation. Sa polyvalence épouse la vie. Le suédois est un grand amoureux de la vie, ce que le prix Nobel ne cesse de prouver encore et encore et encore, dans tous ses domaines.

Le suédois ne fait pas de fioritures. Il se contente de ce qu’il a, de ce qu’il possède, de ce qu’il… vit. Qu’apporte-t-il au monde ? La capacité à la satisfaction. Que toutes les personnes aigries et insatisfaites apprennent le suédois, et le monde gagnera rapidement en humilité. Pour le suédois, même les grandes choses sont simples.

 

 

23.7.2014