Mongol


 

- J’écoute l’esprit du mongol.

 

- Je suis la langue de la focalisation et de la diversité.

 

En me parlant, vous remarquerez à quel point vous vous mettrez à suivre votre étoile. Droit devant ou en zigazag peu importe, car votre voie n’est pas nécessairement linéaire. Elle peut être logique et cohérente sans pour autant être linéaire. Je ne connais pas la logique linéaire. Pour m’apprendre, il faut cesser de réfléchir linéairement. J’en suis d’autant plus cohérente, et surtout plus… déterminée. Il y a dans les personnes qui parlent le mongol, et surtout celles qui me parlent comme langue principale, une douce détermination. Non pas cette compétitive détermination occidentale symptomisée par l’anthem « My way », mais bien cette douce détermination qui progresse en toute fluidité comme portée par l’apesanteur…

 

En même temps, et cela pourrait sembler paradoxal pour quiconque réfléchirait encore de façon linéaire, je suis la langue de la diversité. Je traverse les paysages aussi variés les uns que les autres, et moi-même je me décline en une infinie série de déclinaisons linguistiques. Autant dire que je ne suis pas la langue des dogmes et des vérités toutes faites. Mon adaptabilité est grande, et les mêmes expressions linguistiques ne signifient pas toujours la même chose d’une circonstance à une autre. Je ferai dire une phrase à une personne qui désire se lier d’amitié, et juste la même phrase à une autre personne qui désire se défiler. Elle sera chaque fois adéquate. Pour me parler, il faut pouvoir ressentir les circonstances et le contexte du moment présent. Plus que toute autre langue, c’est l’immersion totale qui aidera à m’apprendre.

 

Je suis une des rares langues du monde qui influence plus que les croyances, les attitudes et les « points de vue » de ceux qui la parlent : je forge des caractères. On peut ainsi parler d’un tempérament mongol, bien au-delà de la langue elle-même, ce qu’on ne peut pas dire de toutes les langues du globe. On peut ainsi avoir une mentalité indonésienne, par exemple, mais pas un tempérament indonésien. Une personne étrangère qui assimilerait la langue et/ou le tempérament mongol (car, caractéristique très particulière du mongol, il n’est pas indispensable de parler la langue pour en adopter le tempérament – une immersion complète et de longue durée suffit) peut ainsi changer de personnalité. Pas juste changer de croyances, d’attitudes ou de points de vue. Pour les personnes qui la connaissaient avant, elle sera – littéralement – une autre personne.

 

Que puis-je le plus apporter au monde, autre que ma mentalité spécifique ? De façon plus globale, le monde peut apprendre de mon existence la valeur de fusionner la détermination et l’adaptabilité.

 

Dans un monde binaire et linéaire, le déterminé est toujours plus déterminé, et toujours moins adaptable, alors que l’adaptable fonctionne toujours plus comme une girouette. Il ne peut imaginer une flèche dont le trajet représente une forme de slalom. Il ne peut pas. Or, en contact avec moi, il ne peut que l’expérimenter.

 

L’expérience. Sans expérience, pas de mongol.

 

 

30.05.2014

 

 

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Voici le commentaire éclairant envoyé par Sophie Chansart après lecture de cette canalisation :

 

 

 

Alors là François, j'en reste baba ! BAYARLALAA !!! (merci)

 

Détermination et adaptabilité, c'est tellement ça la mentalité mongole. Je n'ai jamais vu des gens s'adapter autant et aussi fluidement aux circonstances et aléas de leur vie. C'est une des plus grandes leçons, qu'ils me donnent chaque jour. Ah ça pour ne pas être linéaire, cette langue ne l'est pas. Et puis il faut voir le trafic ici ! Rouler dans une file (une ligne), ils ne savent, tout simplement, pas. Et je peux témoigner de mon expérience personnelle, ces 2 années ici m'ont énormément changée : je m'adapte tellement plus facilement à tout ce qui s'offre à moi.

 

Les Mongols sont parfois très déroutants, surtout quand on les aborde avec une mentalité très occidentale, en effet on pourrait les juger très changeants et girouettes... c'est juste qu'ils s'adaptent, hé hé ! Il faut apprendre à avoir toujours un plan B, voire un plan C. Ils fonctionnent toujours en mode "dernière minute". Très souvent je reçois des sms : "Sophie, tu es libre maintenant, je passe chez toi ?" ... et j'ai appris à donner des réponses aussi directes que leurs questions et aussi à questionner de manière tout aussi directe.

 

Mais de retour en Europe... là ça coince un peu ce mode de fonctionnement, ah ah ah !