Indonésien


 

- J’écoute l’esprit de la langue indonésienne.

 

- Je suis la langue de l’unique et du multiple. Il y a moi et le reste, beaucoup beaucoup de restes. « Moi » n’est jamais équivalent à l’une ou l’autre partie du reste. C’est toujours moi et le reste vu comme un ensemble, jamais moi et lui et lui et lui et lui. Je suis unique au milieu du multiple, à côté du multiple, face au multiple. Moi-même, je ne suis pas multiple et je ne me considère pas comme faisant partie d’un multiple. Le multiple, c’est les autres. Moi, je suis unique.

 

Ceci se traduit à tous les niveaux des vies politiques, religieuses, culturelles, familiales et individuelles engendrées par l’utilisation de la langue indonésienne.

 

Pour commencer, il y moi comme cultures des îles. Les insulaires ne sont jamais comme tout le monde, ne se sentent pas comme tout le monde, et ne se vivent pas comme tout le monde. Ce phénomène est moins marqué sur les îles où les habitants parlent la même langue que sur le continent. Mais chez nous, les insulaires sont unis par une même langue, différente de celle du continent et même de certaines autres îles. Ce qui accentue l’effet du « moi et le reste », moi unique et le reste multiple.

 

Ensuite, il y a moi comme langue principale, et puis les centaines autres langues et patois parlés sur nos mêmes îles. Aucune autre langue, pas même le javanais, ne peut être considérée comme égale à moi. Là aussi, donc, il y a le moi unique et le reste multiple.

 

L’affaire se corse quand une situation n’est pas réellement unique. Il y a plusieurs tendances politiques, plusieurs religions, plusieurs quartiers dans les villes, plusieurs familles, etc., dont aucune tendance n’est réellement unique, même si parfois l’une ou l’autre peut être ou sembler majoritaire.

 

Dans ces cas, toutes les tendances se considèrent uniques envers toutes les autres, ce qui éveille la plus grande ombre qui se cache au creux de notre langage : la tendance au sentiment de supériorité, et donc à l’autoritarisme qui cherche à instituer une situation unique là où elle n’a pas lieu d’être. Ce complexe de supériorité n’est toutefois rien de plus qu’une ombre qui apparaît quand le désir de dualité unique/multiple ne peut être nourri par la réalité. Il n'est pas constitutif de notre essence.

 

Le monde peut apprendre, en s’intéressant à notre langue, à quel point chaque situation peut être unique, et générer des options et des solutions différentes à tous les coups. La langue indonésienne peut apporter une salutaire nuance à une mondialisation par trop vulgarisante.

 

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Postface. Comme pour l'esprit de l'arabe, voici une confirmation avec quelques exemples concrets, de la part la "commanditaire" de cette canalisation :

 

Coucou François, merci pour la canalisation ! J'en sens bien l'essence mais je t'avoue que j'ai du mal à comprendre le premier paragraphe. La suite colle tout à fait à la réalité de l'Indonésie : une seule langue pour une multitude d'îles, de cultures, de religions, de patois, etc., ce qui à mes yeux en fait la richesse. En ce qui concerne l'avant-dernier paragraphe, j'ai en effet rencontré des indonésiens qui reconnaissaient leur religion comme la seule et unique, que cela soit l'hindouisme ou l'islam, au point de vouloir m'y convertir. Cela me fait penser à mon mémoire de fin d'études sur la comparaison des stratégies marketing de McDonald's et Quick, avec questionnement sur la globalisation/localisation, et aussi à un certain voyage chamanique. :o)

 

22.10.2010

 


 

English translation :

 

The spirit of Indonesian

- I listen to the spirit of the Indonesian language.

- I am the language of the unique and of the multiple. There's me and the rest, much much of the rest. "I" is not equivalent to any part of the rest. It's always been me and the rest seen as a whole, not me and him and him and him and him. I am unique in the middle of the multiple, adjacent to the multiple, facing the multiple. Myself, I am not multiple, and I do not consider myself as part of a multiple. The multiple is other people. I am unique.

This is reflected at all levels of political, religious, cultural, family and individual life, generated by the use of Indonesian language.

For starters, there is me as cultures of the islands. The islanders are never like everyone else, do not feel like everyone else, and do not live like everyone else. This phenomenon is less pronounced on the islands where the inhabitants speak the same language than on the continent. But here, the islanders are united by a common language, different from the continent and even some other islands. Which accentuates the effect of "me and the rest," I and the multiple rest.

Then there is me as a main language, and then the other hundred languages ​​and dialects spoken in our own islands. No other language, not even the Javanese can be regarded as equal to me. Again, therefore, there is only me and the multiple rest.

The case worsens when a situation is not really unique. There are several political tendencies, many religions, many neighborhoods in the cities, many famiies, etc.., None of which tendance is truly unique, although sometimes one or the other may be or appears to be majoritary.

In these cases, all the tendencies themselves are considered unique among all others, which arouses the greatest shadow hidden in the hollow of our language: the tendency to feel superior, and therefore the authoritarianism that seeks to establish a unique situation where it has no place. This superiority complex, however, is nothing but a shadow that appears when the desire for the duality of the unique / multiple cannot be fed by reality. This desire does not constitute our essence.

Anyone can learn by looking at our language, to what extent each situation may be unique, and generates options and different solutions every time. The Indonesian language can make a beneficial tone to globalization giving place to too much a commonplace.

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Postscriptum. As for the spirit of Arabic, here is a confirmation with some concrete examples from the "sponsor" of this Channeling:

 Hi François, thank you for the channeling! I feel the essence but I confess that I can not understand the first paragraph. The rest relates in its totality to the reality of Indonesia: a single language for a multitude of islands, cultures, religions, dialects, etc.. Which to me makes it very rich. With regard to the penultimate paragraph, I have indeed met with Indonesian who recognized their religion as the only and unique, whether it was Hinduism or Islam, to the point of wanting to convert me. This reminds me of my graduation memory about the comparison of marketing strategies of McDonald's and Quick, with questions on globalization / localization, and also of a shamanic journey. :O)


 

(Translation courtesy of Lina Queen, thank you. As it is published without re-reading or corrections, please refer to the original channeling in french for the source of the message.)