Anglais


 

 

 

- J’écoute l’esprit de l’anglais.

 

- Eh bien, il était plus que temps de t’adresser à nous, à nous l’ensemble des langues principales et dérivées de l’anglais. Nous passons avant tout le monde, comme le monde entier d’ailleurs le sait bien. Comment as-tu donc pu t’adresser à d’autres langues avant nous, y compris et en particulier à des langues que quasi personne ne parle ? Le temps n’est-il donc pas venu d’unifier tout le monde, pour arrêter les guerres et les discordes ? Et la meilleure façon n’est-elle pas de trouver un langage commun à tous de façon à mieux se comprendre, de façon à éviter le besoin de milliers de traducteurs qui ne font que transposer des pensées d’un langage à l’autre ? Pourquoi donc perdre son temps à apprendre des milliers de langues – ce qui de toutes façons n’est à la portée d’aucun être humain –, alors que chacun peut apprendre l’anglais en un minimum de temps ?

 

Avant l’anglais il y avait le latin pour unir le monde à travers un seul langage, mais l’erreur de cette langue était de s’assimiler à une entité politique. La disparition graduelle du pouvoir de l’empire romain a entraîné sa langue dans les oubliettes. L’anglais a graduellement – très graduellement, car l’anglais est patient – pris la place du latin comme principale option de langue dominante pour le monde.

 

Une autre tentative fut faite pour unifier les peuples à travers une langue unique, mais cette tentative fut avortée avant la naissance puisqu’il ne s’est jamais agi d’une langue vivante. Une langue morte ne peut régir un monde qui, lui, est bien vivant. L’esperanto espère encore…

 

Il reste donc nous, l’anglais et tous ses dérivés, pour unir le monde.

 

L’espagnol, qui a mentionné l’espagnol ? Oui, l’espagnol nous a bien fait concurrence, à nous les langues anglaises, mais sa dynamique n’était pas d’unir, voire de dominer le monde. Même si les apparences ne le dévoilent pas toujours ainsi, la démarche de l’espagnol a toujours été de s’étendre, d’occuper de l’espace, toujours plus d’espace, mais pas de le prendre « au détriment » d’autres langues. La langue espagnole ne cherche pas à « remplacer » une autre langue, elle s’occupe d’elle-même et de l’espace qu’elle prend. Elle n'entre en conflit avec une autre langue que si celle-ci cherche à l’opprimer, c’est-à-dire à battre l’espagnol à son propre jeu. Les peuples de langue espagnole sont trop occupés à gérer ou déclencher leurs conflits internes pour penser à dominer le monde.

 

Comme nous le disions donc il reste nous, l’anglais et tous ses dérivés, pour unir le monde. Le chinois ? Non, le chinois cherche à s’unir soi-même, sa tâche est déjà suffisamment ardue comme ça. Le russe ? Ne nous faites pas rire. Le russe n’avait aucune chance d’occuper la Lune avant nous ! Vous le voyez, nous balayons d’un revers de la main chaque prétention à nous « challenger » sur notre propre terrain. Nous sommes patients, très patients, et ne cessons de le gagner, notre terrain.

 

Si les sources de notre impérialisme se trouvent cachées dans les confins de notre langue, celles de notre expansion se nichent dans les méandres occultes à la source des luttes anglo-saxonnes. A partir du territoire de la Grande-Bretagne, l’anglais a occupé le territoire plus grand encore d’une partie des Amériques, pour à partir de là continuer à envahir le monde pour l’unifier à travers nos langues. Les moyens mis en œuvre ne sont pas ceux de nos langues ; ce sont ceux des êtres humains qui les parlent. Que l’anglais s’impose à travers le commerce, la guerre, la diplomatie, les arts, l’enseignement spirituel ou quelque autre vecteur que ce soit n’est pas propre à la langue elle-même. Ce sont là les choix des individus qui la parlent. C’est la dynamique impérialiste en elle-même qui appartient fondamentalement à la langue anglaise et à tous ses dérivés.

 

L’anglais ne fait pas « l’erreur », si on peut l’appeler ainsi, qu’a fait le latin. L’anglais ne peut pas être identifié à un seul pays, à une seule nation, à une seule option politique, voire même à une seule idéologie. Car l’impérialisme n’est pas une idéologie : il est une dynamique. Et une dynamique ne se combat qu’en cessant d’y participer. Pour stopper l’impérialisme de la langue anglaise, il n’y aurait qu’une solution, une seule : arrêter de la parler. L’humanité arrêtera de fumer avant d’arrêter de parler anglais.

 

Là se situe notre talon d’Achille : dans la capacité de certains êtres, de certains peuples même, à refuser de parler anglais. Les peuples irlandais et indien (d’Inde), en particulier, ont donné du fil à retordre à l’impérialisme de la langue anglaise. Non pas en parlant leur propre langue, ce que tous les peuples du monde ont continué à faire au contact de l’anglais, mais en refusant de parler ou d’écrire en anglais. C’est face à cette capacité de refus que nos langues sont vulnérables.

 

Mais cette fragilité ne pèse pas grand-chose face à notre principale qualité : l’anglais est « very user-friendly ». Cela signifie qu’il y a moyen d’en comprendre les bases sans même apprendre la langue. « Sorry », par exemple, passe plus la rampe dans tous les pays que « Verontschuldigt U mij alsjeblieft » ou « Je vous prie de m’excuser pour l’offense que je viens bien involontairement de vous faire », ou encore « Excusez-moi, j’aimerais passer ». Bref, comme d’une part l’anglais est extrêmement facile à utiliser dans sa fonction quotidienne, et que d’autre part le succès de l’impérialisme est assuré par la fainéantise des personnes qu’il submerge, le succès de l’anglais a encore de beaux jours devant lui.

 

Avons-nous un message à porter au monde ? Oui, bien sûr. A tous ceux qui cherchent – pour quelque raison que ce soit – à prendre une place importante, nous disons : « Speak english ! ». Non pas : remplacez votre propre langue par l’anglais. Non, c’est plus simple et plus subtil que ça. Tout simplement : « Speak english ! ».

 

 

2.2.2011

 


 

English translation :

  

The spirit of English


- I listen to the spirit of English.


- Well, it was more than time to contact us, all the major English derivative languages. We pass before everyone else, as the whole world knows by the way. How did you therefore have the guts to address yourself to other languages before us, including, and especially, languages that virtually no one speaks? The time has he not thus come to unite everyone to stop wars and strife? Is it not the best way to found a common language for all to better understand each other, to avoid the need for thousands of translators who only transpose thoughts from one language to another? Why then waste time learning thousands of languages - which in any case is not within the reach of any human being - whereas everyone can learn English in a very short time?


Before English, there was Latin to unite the world through a single language, but the error of that language was its being assimilated to a political entity. The gradual disappearance of the power of the Roman Empire led his tongue into oblivion. English has gradually - very gradually, because English is patient - took the place of Latin as the main option for the world's dominant language.


Another attempt was made to unify people around a single language, but this attempt was aborted before birth because it has never been a living language. A dead language can not govern a world that is well alive. The Esperanto is still hoping ...


This leaves us, the English and all its derivatives, to unite the world.


Spanish, who mentioned Spanish? Yes, Spanish did good competition with us, the English languages, but its momentum was not to unify, or rather take over the world. Even though the appearances do not always reveal it, however, the approach of Spanish has always been to expand, to occupy space, still more space, but not to take it "at the detriment" of other languages. The Spanish language does not seek to "replace" another language, it takes care of itself and of the space it takes. It does not enter in conflict with another language unless the other language seeks to oppress it, that is to say to beat Spanish in its own territory. Spanish-speaking people are too busy to handle or trigger their internal conflicts rather to think about world domination.


As we have already said so far, there is only us left, the English and all its derivatives, to unite the world. Chinese? No, Chinese sought to unite itself, its work is already sufficiently difficult that way. Russian? Do not make us laugh. Russian had no chance to occupy the moon before us! You see, with a sweep of a hand, we clean every claim that "challenges" us on our own territory. We are patient, very patient and never stop to win our territory.


If the sources of our imperialism are hidden within the confines of our language, those of our expansion nest in the hidden maze of the source of anglo-saxon struggles. From the territory of Great Britain, the English occupied the territory of an even larger part of the Americas, from thereof we continue to invade the world in order to unite it through our language. The means used are not those of our languages are those human beings who speak them. That English obtrudes itself through trade, war, diplomacy, arts, spiritual teaching or some other vector is not specific to the language itself. These are the choices of individuals who speak it. It is the imperialist dynamic itself that is pertinent to the English language and all its derivatives.

 

English does not do the same "error", if you can call it this way, as did Latin. English can not be identified with one country, one nation, with one policy option, even not with a single ideology, because imperialism is not an ideology: it is dynamic. And we can’t beat a dynamic until we cease participating in. To stop the imperialism of the English language, there would be one solution, only one: is to stop speaking it. Humanity will stop smoking before stopping to speak English.


Here is our Achilles heel: it lies in the capacity of some beings, of even some people to refuse to speak English. The people of Ireland and India in particular, gave a hard time to the imperialism of the English language, not by speaking their own language, which all people of the world have continued to do after the contact with English, but by refusing to speak or write English. It is against this ability of refusal that our languages are vulnerable.

In short, as on one hand English is extremely easy to use in its daily function, and on the other the success of imperialism is provided by the laziness of the persons that this imperialism submerges, the success of English still has a bright future.


But this fragility does not weigh much against our main quality: English is "very user-friendly." This means that there is a way to understand the basics without even learning the language. "Sorry," for example, passes over the ramp in all countries more than "Verontschuldigt U mij alsjeblieft", "Je vous prie de m’excuser pour l’offense que je viens bien involontairement de vous faire", or "Excuse-moi, j’aimerais passer".


Do we have a message to bring to the world? Yes, of course. To anyone looking - for some reason - to take an important place, we say, "Speak English! ". Not: Replace your own language with English. No, it's simpler and more subtle than that. Simply, "Speak English! ".

(Translation courtesy of Lina Queen, thank you. As it is published without re-reading or corrections, please refer to the original channeling in french for the source of the message.)