Hercule et le zodiaque


Scorpion


 

 

Pour combattre l’effroyable hydre de Lerne, Hercule doit se mettre à genoux, l’extirper de son marais nauséabond, et la soulever au-dessus de sa tête, où elle dépérira dans la lumière. Il nous faut apprendre l’humilité en acceptant de révéler le mal le plus inconcevable, le plus insoutenable qui nous habite (en commençant par nous le révéler à nous-même, bien sûr), en acceptant aussi qu’il est imbattable, qu’il peut juste être dévoilé.

 

Les questions pour nous mettre, euh, au parfum du Scorpion :

 

  • Jusqu’où vais-je (ou suis-je capable d’aller) dans la destruction ?
  • Suis-je en mesure de lâcher prise, de lâcher le contrôle ?
  • Est-ce que je laisse une force qui me dépasse dominer ma sexualité ?
  • Quelles sont mes capacités de guérison (autant envers autrui qu’envers moi-même) ?
  • Quel est mon rapport au dragon ?
  • Que se passe-t-il si j’accepte que mon plus gros défaut est en fait ma plus grande qualité ?
  • Suis-je prêt à mourir et à renaître ?
  • Suis-je ouvert à la transformation, à la transmutation, à l’alchimie, à la magie ?
  • Suis-je, actuellement dans ma vie, une chenille, dans un cocon, ou un papillon ?
  • De quoi me reste-t-il à faire le deuil avant de passer à autre chose ?

 

Le Scorpion épanoui accepte son rôle de représentant des ombres. Il canalise malgré lui l’instinct, les tabous, la libido et l’inconscient collectifs. Son identité est transpersonnelle.

 

Le Scorpion frustré exerce sur lui-même la même censure que la société s’auto-impose. Il maintient dans les confins de son inconscient ce qui ne lui semble pas être acceptable de manifester.

 

Voici quelques clips pour illustrer l'ambiance du signe. Ce n'est pas tellement chaque extrait séparé qu'il faut évaluer, mais plutôt l'ambiance globale qui s'en dégage...

 

En bas de page, vous trouverez encore un texte essentiel lié au mantra du signe. 

 



Descends dans la profondeur...


Opposé et complémentaire au signe du Taureau qui nous parle de notre sécurité intérieure et de nos possessions, le Scorpion nous montre notre insécurité et nous dit à quel point nous sommes nous-mêmes possédés. Quand nous découvrons à quel point nous avons peu de contrôle sur notre vie et sur le contenu de l'inconscient (le nôtre aussi bien que le collectif dont nous dépendons), la panique s'installe. Suis-je moi-même autant rempli de haine que le regard du terroriste que je viens de voir à la télévision ?! Ai-je donc, moi aussi, autant peur de me dévoiler que les personnes que je rencontre ?! Suis-je tellement insécurisé que chaque perte me donne l'impression d'un peu moins exister ?! Chacun de mes efforts me donne-t-il l'impression de m'enfoncer chaque fois plus dans les sables mouvants de mon existence ?!


Sachez que la chenille se liquéfie, disparaît totalement dans le cocon dont ressortira le papillon. Contrairement au dicton, la chenille ne devient pas un papillon. Elle disparaît intégralement avant que ses composantes ne subissent un processus alchimique dont sera issu un tout nouvel être : le papillon.
Il est légitime, lors de votre rencontre avec l'énergie du Scorpion, d'avoir peur de disparaître. Ce n'est évidemment pas vous qui disparaissez, c'est votre identification qui disparaît. Vous ne serez plus jamais vous-même, pour la simple raison que vous découvrez que vous ne l'avez jamais été. Le papillon apparaîtra au stade suivant, celui du Sagittaire.


En attendant, sans encore reconnaître la nature du papillon qui émergera de vous, lâchez prise et laissez-vous disparaître dans le cocon alchimique dans lequel vous plonge votre processus intérieur. Descendez dans la profondeur. Là où il fait tellement sombre que vous ne voyez plus rien. Là où toutes les névroses emmagasinées dans le cloaque de votre inconscient vous attendent à chaque tournant effectué. Là où les seuls tests à passer sont ceux que vous avez refusé d'affronter jusqu'à ce jour. Là où les deuils sont autant indispensables qu'inimaginables. Là où - enfin - vous ouvrez les yeux à la condition humaine. Là où peut naître la compassion de l'observation que les pires souffrances du monde sont à l'image de ce qui vous habite.


L'énergie du Scorpion ne vous apporte aucun espoir, il vous apporte le dés-espoir, l'abandon de l'espoir factice que l'être humain soit autre chose que ce qu'il est. Derrière le lâcher-prise qui évoque encore l'attache (la prise) se cache l'acceptation. Toute tension vient d'un refus, comme l'écrit si bien Daniel Morin, et le stress qui serait éveillé en vous ne serait qu'un bien faible miroir des refus que vous avez amoncelés depuis la nuit des temps, et dont votre conscient avait perdu toute trace jusqu'à aujourd'hui.


L'énergie du Scorpion est le siège de tous les tabous, de l'impensable qui vous pète à la gueule dés que vous avez cessé de vous contrôler. Il est également l'écrin de votre puissance, non pas le pouvoir de votre personnalité, mais bien la puissance de l'énergie qui vous dépasse et qui vous traverse. Vous y contactez et chevauchez la même puissance qui vous a fait naître et qui vous fera mourir. L'énergie qui vous traverse et ne vous appartient pas en propre est celle de la sexualité, celle de la destruction, celle de la guérison également. Elle dévoile les secrets de la vie et de la mort, de l'impermanence, et de la circulation des énergies au-delà des limitations que nous opposons vainement au destin.


 

Voici un accès direct au cycle de "Mes douze travaux d'Hercule".