L'homme et le dragon, chapitre 4


L'éveil

 

 

Tout le monde fit un saut en arrière. Le dragon s’était réveillé en un spasme, ce qui au niveau humain était fort impressionnant. Ses yeux, pour la première fois depuis des siècles, étaient grand ouverts. Il mit un moment avant de revenir à la réalité concrète. Ce rêve était tellement, tellement vivant qu’il était, en un sens, plus réel que la réalité. Mais, au milieu de tout cela, il vit le regard soutenu du chevalier qui le regardait, plein d’espoir. Et la connexion se fit, pour la première fois. Quelque chose en lui se redressa, comme aspiré vers le haut. Son corps ne suivait certes pas encore le mouvement, mais le redressement de son énergie était bien réelle, presque palpable, et l’homme le sentait autant que lui. Il n’était plus un dragon endormi. Il entrait dans une phase d’éveil.

 

La réaction du dragon nourrissait la foi du chevalier. Celui-ci n’avait aucune crainte. La peur avait disparu avec son père, dont il ignorait encore la mort. Il ignorait également que celui-ci avait promis à sa mère, morte quelques heures après sa naissance, de ne jamais offrir de monture à leur fils. Elle craignait bien trop qu’il ne devienne un des usurpateurs agressifs et violents, et qu’il ne prenne des coups lui-même. Elle craignait par-dessus tout que le plaisir du cheval s’estomperait après un temps, et que sa recherche de sensations fortes le mènerait trop tôt au dragon. C’est ainsi que, suite à une promesse faite sur le lit de mort de sa mère, qui était également son propre lit de naissance, le jeune chevalier fut pourvu très tôt d’une armure magique qui le protègerait des blessures, qu’il ne reçut pas de cheval, et que – surtout – le dévoilement de sa mission de gardien de dragon lui fut caché le plus longtemps possible.

 

L’homme était désormais orphelin de père, de mère et de peur. Un véritable chevalier est un être sans peur et sans reproche. Si le nouveau gardien du dragon avait été élevé dans la peur, il n’avait par contre jamais reçu le moindre reproche de son entourage. Les chevaliers usurpateurs, eux, maniaient le reproche avec la même dextérité qu’ils maniaient la masse et l’épée. Le reproche fait aux infidèles d’être infidèles justifiait à lui seul toutes les croisades. Le reproche à l’adversaire d’être cruel justifiait de lui fendre le crâne au combat. Le reproche était leur état d’esprit, la guerre leur action, et la peur était la graine semée par leurs agissements. En abandonnant la peur, en ignorant le reproche, le chevalier se prépara à prendre sa place, toute sa vraie place dont les années écoulées n’avaient été qu’une simple préparation.

 

Mais le chevalier ignorait ces considérations. Les aurait-il su, aurait-il d’ailleurs pu en faire quelque chose ? L’esprit de l’homme était à ce moment totalement centrée sur le dragon, le plus dangereux des dragons dont il était désormais gardien et dépositaire. Il se trouvait face à un nouveau défi, une nouvelle mission qu’il avait ignorée jusque là, et qui pourtant l’attendait depuis plusieurs générations. Il héritait d’un être puissant mais abandonné, négligé par la peur, avachi par le manque de liberté. Nul doute que ses capacités à prendre soin des plus démunis exercées jour après jour, année après année, puissent avec le dragon se développer comme jamais auparavant. Comme la peur avait disparu à son insu, le chevalier n’émit aucune pensée négative suggérant le danger qu’il y aurait à libérer ce qu’il eut peine à reconnaître comme le monstre sanguinaire qu’on lui avait décrit. Peut-être en aurait-il été autrement s’il avait pu assister au rêve démoniaque du dragon.

 

Il sut qu’il ne fallait pas brusquer le dragon. On ne sort pas de siècles de léthargie en quelques heures. Il s’enquit des soins que les hommes dévoués à sa cause continueraient à lui prodiguer, vérifia que le feu puisse rester allumé et que le lieu soit aéré en permanence. Satisfait, l’homme sortit. Bien qu’il eut voulu dormir, il ne pouvait pas s’y résoudre. Il lui fallait marcher, respirer, méditer. Il marcha longtemps dans les campagnes et dans les forêts avoisinantes. Il n’était distrait que par les salutations respectueuses de quelques manants qui appréciaient ses qualités humaines, trop rares dans la chevalerie. On ne peut dire qu’il n’avait pas conscience du temps. Il évoluait dans son propre temps.

 

Dieu seul sait à quel moment et à quel endroit il pénétra une vaste clairière dans laquelle s’étaient installés des gens du voyage. C’était une véritable tribu, un petit village sur roues qu’il trouva là. Il y flottait une odeur de nourriture chaude, sans nul doute cuite à base d’animaux chassés sur ses propres terres. L’air était également empli de musique joyeuse et mélancolique à la fois, jouée avec des instruments à cordes différents de ceux qu’il connaissait. Des enfants couraient dans tous les sens en riant. Son armure brillante contrastait avec les couleurs chatoyantes des parures féminines, les hommes étant habillés de couleurs plus neutres. Le chevalier s’immobilisa au bord du périmètre du village, attendant une invitation qui ne tarda point à se manifester. Il mangea ce qu’on lui donna, plus par sympathie que par faim, et accompagna pendant quelque temps les musiciens de sa courte flûte à sept trous qui ne le quittait jamais. Ils échangèrent quelques propos autour du grand feu de bois, surmontant aisément les disparités de langage.

 

Le moment magique où apparaît l’invisible arrive sans s’annoncer. Les excitations s’étaient atténuées, et les oiseaux de nuit remplaçaient progressivement les sons des humains. La lune était tellement pleine qu’elle en éclairait même les sous-bois. Les enfants s’étaient endormis, et les adultes savouraient autant l’apaisement que la joie qui l’avait précédée. Le reflet des flammes dansait sur le visage du chevalier qui regardait en elles depuis un moment, inconscient qu’il était lui-même observé par les deux femmes qui échangèrent de brefs murmures entre elles. La vieille glissa un objet dans la main de la plus jeune femme, qui se leva et se dirigea vers l’homme perdu dans ses creuses pensées. Elle l’aborda de côté afin de ne pas le déranger, et déposa l’objet dans la paume de sa main. « Lé dragonne », dit-elle de son fort accent, « lé dragonne il parle ». Le chevalier sortit instantanément de sa torpeur et regarda l’étrangère fixement. Elle lui sourit doucement, fit un signe de la tête vers sa main et se retira. Il observa de plus près l’étrange objet, un morceau inégal dur comme du roc, un peu translucide et de couleur jaune-brun. Il eut l’impression que le soleil cherchait à sortir de la boue. Il n’y voyait rien d’autre. La vieille femme donnait l’impression d’observer attentivement l’homme qui observait le fossile. Mais elle faisait bien plus que l’observer. Elle l’accompagnait. Entièrement concentrée, elle se préparait à l’accompagner là où l’objet l’emmènerait.

 

L’homme tenait en sa main l’objet dont il avait presque oublié l’existence, se retrouvant sans instructions ni explications, et ne sachant pas quoi penser de lui-même. En l’absence d’action et de pensées, il commençait à somnoler. C’est là, entre veille et sommeil, que le phénomène commençait à se manifester. Son corps se mit à trembler, secoué de convulsions légères au début, violentes après quelques minutes. L’homme avait perdu le contrôle de son corps qui semblait mener sa vie propre. Il se tordait au sol, sans plaisir et sans douleur. Il ne remarquait pas que plusieurs membres de l’assistance, hommes et femmes ensemble, entamaient une lancinante mélopée pour soutenir le travail d’accompagnement que la grand-mère effectuait dans l’invisible. Le chevalier, qui avait entre-temps oublié jusqu’à son nom, serrait le poing autour du fossile, pour ne plus faire qu’un avec lui. C’est comme s’il était lui-même l’objet, comme si l’énergie de l’objet l’avait maîtrisé. Son corps se détendit totalement, à l’exception de sa main qui enserrait le minéral. Il était aussi affalé que le dragon l’avait été pendant des siècles. Il était dans un autre monde, comme drogué. Il voyait ses compagnons sans les voir.

 

Les nouvelles images se superposaient avec une exceptionnelle clarté sur la réalité ordinaire, qui ne lui fit plus que l’effet d’une immense tapisserie de décoration. Il avait l’impression de faire corps avec un sapin géant de couleur jaune et brune, un sapin tellement vivant qu’il n’avait pas besoin de racines pour se nourrir. Et pour cause, le sapin lui-même était une racine. L’image ne le montrait pas, mais l’énergie le disait sans aucun doute possible. Changeant de forme en permanence, bien que restant tout le temps lui-même, le sapin se pencha sur l’homme et lui parla de l’intérieur. Le chevalier hallucinait, tout en n’hallucinant pas. Il fut enseigné.

 

« Je suis l’Ambre, dit le sapin-racine, je suis la mémoire des peuples, la mémoire de la nature, la mémoire de la mémoire, la mémoire du futur aussi. J’enferme l’infini dans l’éphémère pour qu’il réapparaisse au moment voulu par les dieux. Je le garde pour l’empêcher d’apparaître avant terme, je suis la mère qui garde son fœtus avant qu’il ne devienne bébé, je suis le gardien du secret jusqu’au dévoilement. »

 

Ainsi parla le sapin qui était à la fois en dedans et en dehors de l’homme, pendant que se déroulait l’initiation, pendant que le peuple du voyage chantait pour soutenir l’enseignement, pendant que la terre et le ciel étaient unis et indissociables l’un de l’autre, alors que le chien était loup et inversement.

 

« Je garde caché l’enseignement de Marie Madeleine, puis le temps venu je guiderai des hommes jusqu’aux parchemins qui dévoileront le féminin du Christ à l’entière humanité. » L’homme entendit et vit les images que lui montrait le sapin jaune et brun, celles du Christ qui enseigne Marie Madeleine à son retour de l’Himalaya, celles des femmes qui traversent en barque la mer intérieure, celles de Marie Madeleine qui enseigne son évangile après la mort de l’Homme, celle encore des hommes qui transcrivent les parchemins, puis celles des messagers qui en disséminent les exemplaires en divers lieux sûrs de par le monde connu.

 

L’Ambre perpétua son enseignement sans discontinuer. Il dit des mots en montrant des images. Il fit toutefois grâce des émotions à l’initié, qui n’en aurait pas supporté la charge.

 

«  Un jour, les descendants de ce que tu appelles les usurpateurs traverseront dans leur soif de croisades un océan plus grand encore que la mer intérieure. Ils débarqueront avec beaucoup d’hommes et beaucoup d’armes sur un continent qu’ils appelleront les Amériques. Ils formeront plusieurs clans de langues et de religions différentes qui se mettront d’accord sur une seule chose : l’extermination du peuple natif, qu’ils appelleront l’homme rouge. Je serai très présent lors de ces événements. Je me montrerai aux hommes qui m’invoqueront et qui, comme toi, seront purs de cœur et d’esprit. Je les aiderai à cacher leur savoir que je sauverai de la destruction. Je serai le gardien de leurs secrets, jusqu’au moment où les enfants des exterminateurs demanderont eux-mêmes à connaître l’enseignement perdu. A toi je dévoile ce moment, ce sera quand l’aigle atterrira sur la Lune et quand les hommes blancs parleront aux fleurs. »

 

En entendant ces paroles, l’homme vit des images à l’intérieur et à l’extérieur de lui, des images que l’Ambre projeta comme sur un écran. Il vit un véhicule qui se posait sur ce qui devait être la Lune, puis il vit un chevalier blanc en sortir dans une armure blanche très souple comportant une grande visière transparente. Ce guerrier n’était armé que d’un étendard avec des lignes et des étoiles. Il vit sur terre des hommes et des femmes rassemblés par milliers pour danser sur des sons amplifiés à outrance. Ils portaient des cheveux longs et s’étaient peinturluré des fleurs sur le visage, sur leurs vêtements et même sur leurs chariots sans chevaux. Il vit d’autres hommes, portant des plumes ceux-là, danser fièrement autour de feux sacrés.

 

« Plus tard, bien plus tard, les hommes qui vivent cachés sous la terre se montreront à ceux qui vivent en surface pour collaborer à un monde meilleur. Cela se passera au moment précis où les hommes de surface auront ensemble inversé le processus de destruction de la terre, un processus qu’ils dénommeront pollution, pour assainir ce qu’ils auront préalablement sali. N’essaye pas de comprendre, mais c’est bien comme cela qu’évoluera l’humanité. Les hommes qui vivent sous terre seront trop sensibles à la qualité de l’atmosphère pour ressurgir plus tôt. Je te dévoile, ici aussi, le moment où ces hommes cachés se dévoileront. A cette époque, l’humanité s’identifiera à douze clans disséminés de par le monde, chaque être humain faisant partie d’un clan précis. Chacun des clans vénèrera un astre précis. Le clan des Cancers et celui des Lions seront les plus anciens, car ils vénèreront les astres les plus visibles à partir de la terre : la Lune et le Soleil. Tous les clans, l’un après l’autre, finiront par trouver leur astre. Quand les clans cadets, celui des Taureaux et celui des Vierges, auront finalement trouvé les leurs, l’humanité vivra à égalité et s’unira dans l’inversion de ce processus d’autodestruction qu’ils appelleront pollution, mais dont ils ne mesureront l’ampleur qu’après le démarrage de leur nouvelle stratégie d’inversion. J’ai déjà initié certains mages de ton époque à l’existence des douze clans ; tu n’es donc pas le seul à en être informé. Mais il est encore trop tôt pour donner l’accès à cette information à tout le monde. Comme toujours, le moment opportun viendra. »

 

Le chevalier était complètement hagard dans le corps, mais on ne peut plus clair dans l’esprit. Il assistait à toutes ces scènes aussi clairement que s’il y était. En fait, d’un certain point de vue, il y était. Il vit un ciel uniforme gris-brun masquer le soleil et surplomber des grands villages que les humains appelleront villes, des rivières tellement sales qu’on tombait malade rien qu’en y trempant les doigts de pied, un amoncellement de milliards d’objets hétéroclites faits de matières similaires aux armures et aux boucliers des chevaliers, des gens qui s’évanouissant en mangeant de la nourriture et qui toussent en démarrant leurs chariots sans chevaux. Il vit également, avec un autre regard, des êtres humains produire des formes pensées qui, à peine nées, agressaient instantanément leurs créateurs. Une véritable vision d’apocalypse !

 

Puis il vit les solutions se dessiner. Il vit l’histoire des douze clans enseignée dans les écoles, remplaçant le discours, devenu archaïque, des usurpateurs. Il vit les chefs des gouvernements, les rois de cette époque du futur, se réunir pour entamer la stratégie d’inversion. Il vit des hommes de surface se relier avec des hommes d’en bas pour accélérer le processus. Il vit les plus courageux des hommes d’en bas risquer une percée vers le haut, pourvus d’armures invisibles conçues à cet effet. Il vit émerger une nouvelle race de dragons.

 

« Comme tu le vois, continua le sapin-racine, je suis toujours présent aux hommes qui dévoilent les secrets aux moments opportuns, et j’empêche quiconque d’y accéder quand l’humanité n’est pas encore prête. Cela en frustre parfois quelques-uns mais, que veux-tu, c’est ainsi que les dieux l’ont voulu. Regarde par toi-même. » 

 

L’homme vit, en quelques fractions de secondes, des milliards de fœtus et de bébés nager dans le ventre de leur mère. L’image globale était un chaos total, tellement différent était chacun des vécus. Un bébé était béat dans la fusion bienheureuse avec sa maman. Un autre tentait de sortir avec l’énergie du désespoir pour éviter de se noyer, obligeant sa maman à rester immobile pour ne pas le perdre. Dans un autre ventre deux jumeaux se disputaient la place. Plus loin encore, un bébé refusait de sortir, de peur de ce qu’il trouverait dehors. Le chevalier dans un état second vit ces milliards de vécus en un éclair, puis plus rien. La transition était aussi soudaine qu’un soleil trouant les nuages.  

 

L’Ambre fit alors une pause pour que son organisme puisse un peu assimiler ce qu’il venait de vivre, ce qui n’était pas rien. Après un moment qui ne fut ni court ni long, il reprit :

 

« N’en veux pas à tes ancêtres d’avoir caché les dragons, car la peur régnait encore trop en maître pour prendre le risque de les lâcher. Tu vois, les dragons en liberté sont très puissants. Ils sont capables de tout. Mais ils ne contrôlent pas leur nourriture. Tu pensais donc que les dragons ne se nourrissaient pas parce qu’ils étaient immortels ?! Détrompe-toi. Les dragons se nourrissent d’émotions et les amplifient à outrance, encore plus fortement que la musique de ceux qui vénèreront les fleurs. Comme les dragons n’ont pas de jugement de valeur, ils absorbent toutes les émotions sans distinction aucune. A l’époque des chevaliers mercenaires, ils absorbaient et décuplaient toute la hargne de leurs maîtres. Je te sens penser. Il est étonnant que tu réussisses encore à penser en ma présence. Très peu en sont capables. Assurément, tu es très puissant. D’accord, je vais répondre à ta question. De quelles émotions a pu se nourrir ton dragon pendant toutes ces années, lui qui ne voyait aucune âme qui vive ? Il se nourrissait de l’ennui. A défaut de liberté ou d’émotions humaines, le dragon n’a que l’ennui comme substitut. Comme il décuple tout avec une force phénoménale, il dégage alors une force d’ennui que toute une assemblée d’humains ne réussirait pas à reproduire. Il est très facile de garder un dragon sous contrôle : il suffit de le couper de tout apport d’émotion, et le cercle vicieux de l’ennui est engagé. Tu as osé faire ce qu’aucun de tes pères n’a osé faire avant toi : tu as sorti ton dragon de l’ennui. »

 

Une nouvelle pause, puis :

 

« Toi, et toi seul, avait le droit d’éveiller ce dragon. C’est pour cela que je t’ai laissé faire. Car seul un chevalier qui maîtrise parfaitement ses émotions est digne du plus grand présent qui soit : celui de monter le dragon. »

 

Digne du plus grand présent…

 

Toi, et toi seul…

 

Eveiller ce dragon…

 

Je t’ai laissé faire…

 

Monter le dragon…

 

Maîtrise parfaitement ses émotions…

 

Plus grand présent…

 

Emotions…

 

Chevalier…

 

Dragon…

 

Les cendres fumaient encore quand le chevalier se réveilla. Son corps était épuisé, mais son esprit n’avait jamais été aussi éveillé. Le peuple du voyage avait plié bagage, emportant avec lui le morceau d’ambre que l’homme avait tenu dans le creux de sa main pendant l’Initiation. Pressentant un futur que nul ne pouvait imaginer, le chevalier décida en son for intérieur d’accepter cette mission qu’il n’avait pas choisie. Il accepta la responsabilité qui lui incombait et qui, il en avait désormais la certitude, dépassait de loin celle de ses prédécesseurs. Il se remit en route vers le château.