La culture du Trois présente :

Une culture n'est pas l'autre


 

 

Pour grandir dans la culture du Trois, il est essentiel de prendre conscience à quel point il s’agit bien d’une culture spécifique, incomparable par exemple à la culture du Deux. Comme c’est le cas pour les langues, pour les pays, pour les familles, pour les régions géographiques, et ainsi de suite, chaque culture fonctionne d’après ses propres lois, avec ses propres perceptions, sa propre carte du monde, ses propres us et coutumes.

 

La culture du Trois, comme toute culture, fonctionne différemment des autres, d’après ses propres critères. C’est très important d’en prendre conscience. La culture du Deux, celle de la dualité, est tellement dominante et intégrée au niveau humain qu’il faut faire un sacré (oui, sacré) effort pour distinguer à quel point celle du Trois est fondamentalement différente.

 

Imaginez que vous ne parliez que le français, « la langue de la raison », et que vous débarquiez dans une zone peu visitée de l’Amazonie où les natifs parlent leur patois local, et ont plus ou moins bien assimilé l’espagnol des colonisateurs de l’époque. L’espagnol, « la langue de la passion ». Rien n’empêche bien sûr que vous visitiez cette région comme dans une bulle, en voyageant avec tous les critères qui sont les vôtres. Vous aurez peut-être passé de belles vacances, et ramené des souvenirs exotiques. Pour contre, en apprenant sa langue, en vivant d’après ses critères de vie, vous « comprendrez » cette culture de l’intérieur. Vous comprendrez ses spécificités, différentes de la culture avec laquelle vous y avez débarqué.

 

Dans cet exemple, la personne qui « doit » s’adapter est seule, en minorité par rapport à la culture étrangère. Dans une telle situation, si on n’est pas complètement aveugle, la différence entre les cultures apparaît tout de suite, qu’on la comprenne ou non. Inversons la situation : dans quelle mesure la majorité fait-elle l’effort de comprendre une minorité, à fortiori quand cette minorité est constituée d’une seule personne ? La personne différente de la majorité est bien souvent jugée d’après les critères de celle-ci, est n’est – inévitablement – pas comprise. Ca ne vous est jamais arrivé, à vous, de vous retrouver dans une telle situation, quel que soit le domaine de votre spécificité ?

 

Je suis personnellement issu à égalité de deux cultures fondamentalement différentes : l’une flamande, l’autre francophone belge. Ce sont des cultures aussi fondamentalement différentes que, par exemple, la culture « orientale » par rapport à la culture « occidentale ». Ce fut intéressant de noter, par exemple, qu’un flamand au milieu d’une assemblée totalement francophone avait tendance à parler lui aussi en français, alors qu’un francophone au centre d’une assemblée flamande ne s’adaptait de façon aussi automatique. Tout ça pour dire que la capacité d’adaptation et/ou de compréhension d’une culture par une autre culture peut varier du tout au tout en fonction des circonstances. Et je ne parle même pas de la capacité de la culture humaine à comprendre les cultures extraterrestres, voire intraterrestres !

 

Revenons à nos moutons, la culture du Trois. Depuis quelques mois, j’observe avec minutie, quasi de façon anthropologique, la façon dont les personnes pétries par la culture du Deux réagissent à la culture du Trois. Le champ d’investigation est vaste, car il s’agit en fait de quasi tout le monde que je rencontre, dans tous les domaines.

 

La dualité est en fait tellement imprégnée à l’intérieur de chaque individu qu’il est vraiment difficile, voire impensable, d’imaginer qu’il puisse s’agir d’une culture, d’une mentalité, d’un paradigme en soi, et qu’il puisse en exister d’autres. Les critères suivants, par exemple, semblent tellement évidents qu’ils ne sont jamais remis en cause : le jugement en termes de bien et de mal (ceci est bien, et donc ceci est mal), l’équilibre entre masculin et féminin, la distinction entre ce qui est positif et ce qui est négatif. La liste est infinie, car chaque critère n’est qu’une manifestation d’un paradigme global bien bétonné. Matrice, vous avez dit matrice ?

 

Chacun réagit à sa propre façon face à une autre culture, face à un nouveau paradigme. Je ne fus donc pas surpris de rencontrer, tout au long de mon « observation anthropologique », une très grande variété de réactions individuelles que je ne décrirai pas en détail ici.

 

Par contre, j’ai observé à quel point (quasi) tout le monde réagit – quand il réagit ! – aux « tops du iceberg » plutôt qu’au iceberg en lui-même. Ces manifestations sont jugées/évaluées en fonction des critères habituels du deux. Et ça ne fonctionne pas. Et j’ai compris pourquoi. L’ouverture requise à rencontrer la culture du Trois dans son essence plutôt que dans ses manifestations peut donner le vertige.

 

Je le comprends bien, car je suis moi-même passé par là. En 1982 par exemple, j’ai vu un peu par hasard le film « Summer lovers » qu’on peut considérer comme un phare cinématographique en matière de relation à trois. Je crois en avoir déjà parlé. Je fus troublé, certes, mais je ne m’étais pas questionné. Tout ce que je n’avais pas questionné par rapport à divers désirs ou vécus avant ca. Ce que j’y voyais me touchait, mais trop englué dans ce paradigme bien installé du couple et de la dualité, je ne « voyais » pas vraiment ce que je voyais.

 

Ce n’est que 35 ans plus tard, après moult pérégrinations, que j’en suis arrivé à formuler la culture du Trois comme un ensemble. Je serai donc le dernier à jeter la pierre à ceux qui ne captent pas de quoi il s’agit. J’ai par contre bon espoir de vous aider à gagner quelques années de votre vie en continuant à partager sur le sujet. A partager, par texte et dans le vécu.

 

Et voilà.

 

 


Partagez vos commentaires :

Écrire commentaire

Commentaires : 0