Un regard nouveau sur la thérapie de couple

 

« Jamais deux sans trois », dit-on. Le couple, souvent, préfère l’ignorer. Le couple, souvent aussi, préfère l’intégrer. Se regarder mutuellement le nombril, ou regarder ensemble dans la même direction, se demande-t-on également. Cette même direction est déjà un troisième élément, par rapport aux deux individus. Un projet commun, un enfant, une cause, le rapport au divin… sont autant de troisièmes éléments. La relation en elle-même, en tant que « troisième personne », a des caractéristiques propres qui dépassent celles des individus. On les reconnaît, entre autres, à travers le « thème composite » en astrologie. L’amant, la maîtresse le sont tout autant. Souvent rejetés, en profondeur ou en apparence, comme n’ayant « rien à voir » avec le couple. Et pourtant...

 

Quel est le lien avec le sujet de l’unification, une voie d’acceptation, me direz-vous ? Ceci dépasse en fait de loin le sujet du couple relationnel. Il s’agit de reconnaître et d’accepter « le grand troisième » quand il apparaît, celui qui transcende la dualité… et il peut apparaître sous une multitude de formes bien différentes, peu importe que celles-ci soient les bienvenues ou pas…

 

Abordons maintenant la thérapie de couple sous cet angle intéressant : celui du grand troisième…

 

Bien que les raisons pour suivre une thérapie de couple puissent être aussi diverses qu’il y a d’individus, le dénominatif commun en est probablement le fait que les partenaires désirent guérir et/ou consolider leur couple. Ce qu’ils cherchent à travailler, c’est la dynamique du duo. Comment l’abordent-ils, dans le cadre d’une thérapie de couple ? En consultant ensemble une tierce personne. Ils se plongent ainsi dans une dynamique de trio. Pour travailler le duo.

 

Il est commun de penser que le/la thérapeute en question est censée être une personne neutre et extérieure au couple. D’un point de vue thérapeutique et déontologique, c’est exact. Mais, d’un point de vue de la dynamique, c’est faux. Le temps de la thérapie, ce sont trois personnes qui interagissent. Le couple quitte donc temporairement la dynamique du duo pour intégrer une dynamique de trio. Pour, ensuite revenir à la dynamique de duo. Pour, ensuite, reprendre rendez-vous pour se retrouver en trio.

 

Laissons un instant le statut professionnel du thérapeute de côté. Observons, le plus simplement du monde, que le couple cherche à vivre une dynamique de trio parce qu’il se trouve face à sa propre limite. Observons qu’il fait – dans le meilleur des cas – de beaux progrès, et que ces progrès sont peut-être moins dus aux conseils avisés du thérapeute qu’au vécu du trio, celui qui transcende le duo. Le « troisième » dynamise bien souvent le duo, qui court le risque permanent de s’ancrer dans la dualité.

 

Le statut professionnel et déontologique du thérapeute rassure, car il évite l’écueil du vécu émotionnel entre les trois protagonistes, qui ne peuvent toutefois pas l’éviter quand l’apparition du « troisième » implique une rencontre affective et intime (sans même parler de sexuel). Il s’agit néanmoins bel et bien d’une dynamique de trio dans chacun des cas de figure.

 

Je ne sens pas la nécessité de théoriser outre mesure. J’invite simplement chaque couple à se dire en toute circonstance, à la lumière de cet article, soit « maintenant nous sommes en couple », soit « maintenant nous sommes en trio ». Indépendamment, bien sûr, du fait que la situation soit agréable ou non, souhaitable ou non, supportable ou non. Simplement, objectivement, avec du recul. Cela pourrait générer de forts intéressantes prises de conscience pour certains.

 

Je vous souhaite d’intéressantes découvertes...

 

François.

 

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